Beurre brut, beurre raffiné, beurre désodorisé… Pas facile de s’y retrouver dans tout ça !  Aujourd’hui je t’explique comment est produit le beurre de karité et surtout comment le choisir pour être sûr(e) de bénéficier de tous ses bienfaits.

L’extraction du beurre

Le karité, du nom botanique Butyrospermum parkii (ancien nom botanique : Vitellaria paradoxa) est l’unique espèce connue du genre Vitellaria. Butyrospermum vient du latin butyro (beurre) et spermum (semence). Parkii vient du nom de l’explorateur Mungo Park qui a écrit sur le karité. Le karité ne pousse que dans le climat sahélien avec une pluviométrie allant jusqu’à 1000 mm et deux saisons bien distinctes avec une longue période sèche.

Il existe trois méthodes pour extraire le beurre de l’amande contenue dans le fruit du karité :

  • traditionnelle :les amandes sont écrasées, grillées, malaxées puis chauffées dans une marmite d’eau bouillante. On obtient du beurre de karité artisanal. La chaleur altère quelque peu ses qualités.
  • par pression à froid : les amandes sont simplement broyées dans une presse, à une température inférieure à 80°C. Cette méthode mécanique ne permet pas d’extraire la totalité du beurre présent dans la noix. Mais c’est la méthode qui permet d’avoir la meilleure qualité puisque les principes actifs du beurre de karité sont préservés.
  • par solvant : les amandes sont broyées puis on utilise un solvant, l’hexane. Le beurre encore contenu dans les amandes se dissout dans l’hexane. Ensuite, on laisse l’hexane s’évaporer et on récupère le beurre de karité. Cette méthode est la plus rentable mais le beurre de karité obtenu est de qualité inférieure.

Après extraction, on a du beurre de karité brut, de couleur jaune-vert et avec une odeur marquée. Ce beurre de karité brut est utilisable et riche en principes actifs (insaponifiables et vitamines).

merci à Julie Labrecque, d’Eki-cycles.com pour ce schéma

Mais on trouve aussi sur le marché du beurre de karité raffiné. Le raffinage consiste en trois étapes :

  • la neutralisation, qui élimine les acides gras susceptibles de s’oxyder.
  • la désodorisation, qui supprime l’odeur caractéristique du karité.
  • la décoloration, qui permet d’obtenir un beurre blanc.

Le raffinage a l’inconvénient de détruire une partie des principes actifs du beurre de karité. On obtient un produit standardisé mais de moins bonne qualité pour la peau et les cheveux. Je te conseille d’utiliser le beurre de karité brut pour profiter des bienfaits qu’il procure.

Les deux espèces de beurre de karité

En réalité, il existe deux sous-espèces de karité :

  • le karité Paradoxa (Afrique de l’Ouest) : Mali, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal, etc.
  • le karité Nilotica (Afrique de l’Est) : Kenya, République du Congo, Soudan  Ouganda
Paradoxa

 

Nilotica
Consistance Solide à température ambiante ; huileux au delà de 37°C Très mou à température ambiante ;

Huile liquide au-delà de 25 à 30°C ;

Parfois consistance semi-liquide (beurre en partie fondu avec des grains solides – pour retrouver un aspect homogène : faire fondre le beurre complètement puis le placer au réfrigérateur pour solidifier)

Couleur  Blanc crème Jaune pâle à jaune
Odeur  Très légère, caractéristique de graines aux notes d’amande Notes de cacao et de noix grillées
Texture Assez dur à texture riche Souple, crémeux, voire semi-liquide.

Peut être légèrement granuleux.

D’une manière générale, le beurre de karité Nilotica a une texture plus fondante à température ambiante, ce qui permet de l’étaler plus facilemnt sur la peau lors de son utilisation. Cela provient du fait que, malgré une composition similaire, ses proportions en acides gras diffèrent du karité Paradoxa.

Contrairement au beurre de karité Paradoxa « classique », le beurre de karité Nilotica contient une teneur en acide oléique (environ 50 à 55%) plus élevée qu’en acide stéarique (environ 20 à 30 %). Cela lui confère donc cette texture plus « crémeuse » et ses propriétés de fusion à température plus basse que le karité Paradoxa dont les proportions en acides oléique et stéarique sont plutôt équilibrées (voir composition détaillée dans l’article « Le karité : un allié pour le corps« ).

Quel beurre de karité choisir ?

En résumé, pour choisir ton beurre de karité il faut regarder :

  • la technique d’extraction : le beurre extrait à froid est de meilleure qualité que celui extrait au solvant ou de façon traditionnelle
  • le raffinage ou non du beurre : il vaut mieux privilégier le beurre brut (non raffiné, non désodorisé) qui conserve toutes ses propriétés même si l’odeur peut être désagréable selon certain(e)s. Personnellement son odeur ne me dérange pas donc tant mieux !
  • la variété : selon tes besoins et surtout tes routines d’utilisation, tu pourras choisir le type de beurre qui te convient.

Pour une utilisation en bain d’huile sur les cheveux, je te conseille le beurre Paradoxa, plus riche pour la fibre capillaire que le nilotica. Par contre, si tu souhaite une utilisation rapide au coiffage sur les pointes par exemple, le beurre Nilotica plus fondant est parfait !

Concernant l’utilisation sur la peau, le beurre Nilotica est plus comédogène que le Paradoxa compte-tenu de sa teneur en acide gras oléique plus importante. Je te ocnseille donc plutôt le beurre Paradoxa pour le corps et le visage. Il te faudre le faire fondre légèrement entre les paumes des mains pour en faciliter l’application.

Voilà voilà. Maintenant tu sais (à peu près) tout du beurre de karité, ou en tout cas tu as ce qu’il faut pour le choisir au mieux en fonction de tes besoins !

A bientôt et bon soin du corps !

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